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La désignation du Président du Conseil de l’Union européenne : un acte manqué !
Si sur un certain nombre de points, la ratification du Traité de Lisbonne est louable, on peut néanmoins s’interroger sur l’intérêt de la création du poste de Président du Conseil de l’UE.
Seuls quelques spécialistes adeptes des subtilités communautaires ont
sans doute perçu l’avancée démocratique exceptionnelle que venait de
faire l’Europe ! Pour le commun des mortels, en l’occurrence pour la
presque totalité des européens, la création de cette fonction apparaît
comme symboliquement absurde à l’image du bateau ivre communautaire ! A
quoi sert exactement le Président du Conseil de l’Union européenne ?
Quelle est la nature exacte de ses fonctions ? Quelle sera la nature de
ses relations avec le Président de la Commission européenne ? A l’égard
de l’extérieur, quel sera le véritable interlocuteur ? Le Président de
la Commission européenne ou le Président du Conseil ? N’aurait-il pas
été plus raisonnable de fusionner les fonctions et d’éviter ainsi de
créer une véritable dyarchie aussi incohérente que coûteuse et qui
pourrait se révéler extrêmement paralysante à terme pour l’Europe. Que
peut représenter, dans un tel dispositif, ce nouveau Président nommé
dans la pénombre des couloirs gouvernementaux ? La légitimité du
Président de la Commission européenne apparait, à bien des égards, plus
démocratique que celle de ce nouvel entrant !
Il n’est pas du tout certain que cette nomination soit une chance pour
l’Europe. Il serait même plus raisonnable de reconnaître que c’est une
véritable occasion manquée. La complexité communautaire avait-elle
réellement besoin d’un superviseur ! Le désintérêt européen n’est
certainement pas le fruit d’une fatalité. En revanche, on peut
considérer qu’il pourrait être le fruit d’une succession de décisions
prises sans discernement. Sur ce point, la copie du Traité de Lisbonne
est à revoir. Il serait temps de cesser d’oublier les peuples
européens.
Loïc Tribot La Spière




