Vous êtes ici : Accueil

[ Europe ]

L’Europe s’agrandit et son système institutionnel se complexifie. Elections après élections, les peuples européens semblent se désintéresser de cette entité qui leur parait si lointaine et incertaine en face de leur Nation. Une entité qu'ils ne peuvent définir dont ils ne connaissent ni les limites ni les possibilités.

C’est cette Europe des peuples qu’il reste à construire, tâche à laquelle se livre le CEPS depuis déjà de nombreuses années au travers ses différentes publications et ses campagnes. Si l'Europe est notre destin, batissons là !

  

 

 


Editorial

 

L’Europe est une mosaïque de cultures et de langues. C’est aussi une diversité de paysages, de climats et de populations. C’est un continent où se sont développés, affrontés et liés non seulement des peuples mais aussi de grandes civilisations. C’est, sans nul doute, l’entité régionale la plus diverse et la plus complexe du globe terrestre. Qui aurait pu imaginer à l’époque, au sortir du second grand conflit mondial, que puissent émerger entre quelques États européens, qui venaient de s’entredéchirer, le souhait, la volonté de se rapprocher, d’institutionnaliser leurs convergences économiques en créant la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) ?

Majoritairement, les peuples membres de l’Union européenne restent attachés à l’Europe, sondage après sondage. Néanmoins, quand on prend la peine d’affiner les questions posées aux mêmes interlocuteurs, quand on les interroge sur l’efficacité de l’Union, constatons que les réponses sont nettement plus nuancées par rapport à la visibilité, à la création de valeur ou à la vision qu’elle offre. Aussi contradictoire que cela puisse paraître, les Européens sont attachés au concept européen mais restent sceptiques sur ce qu’il peut leur apporter. Malgré les efforts déployés, l’Europe demeure une réalité abstraite pour les Européens pour qui les contours de compétence et d’application restent difficilement cernables.

À cet égard, reconnaissons que les politiques et les représentants des institutions communautaires n’ont jamais su faire preuve de grands talents pour « vendre » les avancées concrètes et positives de l’Union. Si l’on se risquait simplement à présenter et à évaluer tous les avantages générés par la dynamique européenne mais aussi les conséquences vraisemblables qu’aurait eues la non-existence de l’Union, les Européens seraient surpris. Cependant, ne nous voilons pas la face, les peuples européens ont aujourd’hui, en grande majorité, une perception assez mitigée de l’Union européenne. Les débats homériques sur la constitution en sont, entre autres, un vibrant exemple.

Nous ne pouvons que constater et regretter le réel affaiblissement de l’esprit européen ; l’idée du projet disparaissant sous la vision d’une image tatillonne terriblement bureaucratique. La Commission perçoit certes les enjeux mais peine à trouver les idées concrètes qu’attendent et souhaitent les opinions publiques. Les politiques, quant à eux, font ce qu’ils peuvent en ayant cette tendance à rendre « Bruxelles » cause de tous les maux. Cette caricature du projet européen, cette tentation de faire de l’Europe un « bouc-émissaire » a largement contribué à pénaliser la dynamique européenne. L’Union a certes relevé un grand défi et continue au quotidien d’apporter sa pierre à l’édifice. Néanmoins, il serait déraisonnable de considérer que globalement tout va pour le mieux. L’espace économique constitué et reconnu ne pourra éviter un approfondissement. Le contexte de très forte turbulence financière impose des réponses juridiques fiscales et sociales harmonisées. Il serait, par ailleurs, grand temps que l’Union puisse commencer à élaborer une politique clairvoyante concernant ses champions industriels et qu’elle s’interroge sur la montée en puissance des fonds souverains. L’Europe de la Défense reste à faire, celle de l’Environnement et de l’Energie à élaborer.

 

L’Europe reste un destin à écrire quoique l’on puisse dire. Commençons, à cet égard, par faire en sorte que des cours d’histoire européenne soient dispensés dans toutes les écoles européennes. Proposons aussi que les bonnes pratiques quotidiennes créatrices de valeur, que les expériences réussies qui font l’Europe soient recensées de manière pragmatique et enfin diffusées . Suggérons qu’un statut des associations soit élaboré et adopté (en l’occurrence, rendre l’Europe aux Européens en encourageant leurs initiatives). Militons pour qu’un véritable concept de bassin d’emploi européen soit élaboré et développé pour assurer une véritable fluidité des talents au sein de l’Europe et bien sûr proposons que les élections de nos parlementaires européens se déroulent enfin et symboliquement le même jour dans toute l’Europe. Quel signal fort cela représenterait dans l’Europe !

Indépendamment de tout ceci, fondamentalement, la question de la finalité européenne reste posée. A-t-elle vocation à s’élargir à tous les États qui demandent leur adhésion et à cantonner son ambition à la création de l’une des plus grandes zones de libre échange du monde ou à donner naissance à un espace socio-politico-économique plus circonscrit mais plus approfondi ? Aujourd’hui plus qu’hier les opinions publiques sont en attente d’une dynamique de nature à les mobiliser. La crise économique et financière que nous traversons et la manière d’y répondre pourraient être l’occasion d’amorcer de nouveaux réflexes, de renforcer l’architecture européenne, de mobiliser les Européens autour de grands chantiers d’avenir.

La crise financière avec ses conséquences économiques, sociales et tout simplement humaines offre une véritable fenêtre d’opportunités pour agir et avancer plus loin dans l’élaboration de réponses collectives. Elle devrait être le grand chantier permettant de redynamiser l’Europe. Sachons en profiter ! La profonde crise actuelle a la vertu d’être globale. Elle impose des réponses concrètes qui dépassent le cadre des seuls Etats. Les mois qui vont venir et la façon dont réagira ou ne régira pas l’Europe nous éclaireront sur le destin qu’elle souhaite assumer ou pas. L’Europe, surtout dans cette période de turbulences qu’elle est en train de vivre, a besoin d’un sursaut qui, selon toute vraisemblance, viendra autant d’hommes et de femmes engagés au sein d’associations, d’ONG, de syndicats de la société civile que des institutions traditionnelles . L’Europe mérite en effet mieux que les discours convenus et les directives complexes que l’on n’a cessé de nous proposer et de nous infliger ces dernières années. Et si, dans le fond, la crise permettait de prendre en compte et de traiter un certain nombre de grands chantiers structurels et sociaux restés trop longtemps sans réponse ? Elle pourrait être une chance pour les Européens et par conséquent pour l’Europe, ne la laissons pas passer !

 

Loïc Tribot La Spière

Délégué Général du CEPS

 


 

 
Désir d’Europe – Les attentes des opinions

L’année 2004 aura vu l’Union européenne connaître une révolution quantitative et qualitative : élargissement le plus important de son histoire, désignation d’une nouvelle Commission et élection d’un Parlement européen intégrant les pays nouvellement membres. Et pourtant, cette date semble également constituer le dernier événement « heureux » pour tous ceux qui ont fait de la construction européenne leur « grand projet ». L’échec de la ratification du projet de constitution en 2005 puis le non irlandais au « mini traité » en 2008 semblent avoir signé la fin du rêve européen. Les opinions publiques sont-elles pour autant devenues « anti européennes » ?

Une telle conclusion constituerait une caricature de l’état de l’opinion sur la construction européenne. Plusieurs indicateurs démentent en effet une telle hypothèse. Ainsi, le soutien des Européens à l’appartenance de son pays à l’Union est aujourd’hui majoritaire : 52 %[1] des habitants de l’UE estiment que c’est une bonne chose pour leur pays de faire partie de l’UE, contre 14 % qui pensent que c’est une mauvaise chose, 29 % jugeant que ce n’est ni une bonne, ni une mauvaise chose. Certes, ce soutien n’a pas progressé depuis la première enquête sur ce thème réalisée en 1974 : à l’époque, près de 6 européens sur 10 (la Communauté comptait alors neuf membres) estimaient que l’appartenance de leur pays à la Communauté européenne était une bonne chose. Mais il ne se dégrade pas non plus depuis 2005, puisqu’il était de 50 % à cette date. Et si le soutien à l’appartenance est minoritaire dans neuf des vingt-sept États de l’Union, il est supérieur à 60 % dans onze pays. Par ailleurs, la majorité des Européens (54 %) tire un bilan positif de l’appartenance de son pays à l’Union.

Dans le même temps, une majorité des Européens souhaiterait que la construction européenne progresse plus rapidement et que l’Union joue un rôle plus important. Cette attente concerne notamment la place de l’Union dans le monde. En effet, 76 % des Européens soutiennent la mise en place d’une politique de sécurité et de défense commune, tandis que 70 % se prononcent en faveur d’une politique étrangère commune. L’action de l’Union dans des domaines comme la paix dans le monde, la lutte contre le terrorisme ou la protection de l’environnement est perçue comme très positive. Elle l’est notamment au regard de l’action des États-Unis dans les mêmes domaines. Incontestablement, la défiance des opinions européennes à l’égard de l’action de l’administration Bush renforce leurs attentes d’une Europe plus intégrée dans ces domaines. Pour preuve, les trois quarts des Européens se montrent également très favorables à l'idée que cette politique soit autonome par rapport à la politique étrangère américaine (78 %), opinion qui se révèle majoritaire dans chacun des vingt-sept États membres.

Pour autant, parallèlement à cette adhésion et à cette légitimité qu’accordent les Européens à la construction européenne, tout se passe comme si celle-ci, en dépit de son importance et de l’impact qu’elle a sur le quotidien des Européens, se poursuivait dans une relative indifférence. D’ailleurs, si l’Union européenne était abandonnée, seul un tiers environ des Européens éprouveraient des regrets. Cette indifférence serait particulièrement forte dans les pays qui viennent d’adhérer à l’Union, comme en Pologne, en Lettonie ou en République Tchèque. Mais elle se constate également dans les pays qui appartiennent depuis de longues années à l’Union.

 

 
 
 
Cette complexité de l’opinion à l’égard du projet européen est intrinsèque à l’essence même de qui constitue l’identité de cet espace. L’Europe ne peut se réduire à un fait géographique : c’est aussi, et avant tout, un ensemble tout autant historique, culturel, politique et économique fait de relations et d’échanges entre les pays qui la composent. Si ces relations ont été marquées dans le passé par de nombreux conflits, son ancrage culturel et historique apparaît indéniable aux Européens. Une majorité d’entre eux affirment qu’ils distinguent un ensemble de valeurs européennes communes par rapport à d’autres continents. Du coup, les citoyens de chacun des pays expriment une forte empathie à l’égard des habitants des autres nations européennes, même s’ils s’avouent parfois peu familiers. Cela ne les conduit pas pour autant à nier l’existence de spécificités nationales fortes à l’intérieur de cet ensemble. Mais cette diversité est loin d’être vécue comme un obstacle à la définition d’une identité européenne. Au contraire, elle est perçue comme l’un des éléments constitutifs de « l’européanité ». La construction européenne a donc dû rapidement prendre en compte ce postulat : la légitimité de l’union et la conscience de l’utilité de celle-ci pour peser dans le monde du 21ème siècle coexiste avec la volonté intangible de respecter les différences qui subsistent entre les peuples européens.

Dès lors, susciter le désir d’Europe est un pari compliqué. Pour cela, il convient de gommer le principal reproche que font les peuples à la construction européenne : l’Europe demeure une réalité trop abstraite, trop éloignée des Européens. Cela explique notamment la difficile appropriation des effets positifs de la construction européenne. Du coup, le sentiment qui domine est celui d’un manque de « démocratisation » des décisions européennes. L'un des enjeux aujourd’hui est de réussir à renforcer l'implication des citoyens sur le projet européen.

 

Pour atteindre une telle ambition, il semble indispensable de sortir du débat institutionnel qui cannibalise l’ensemble de l’actualité de la construction européenne depuis une dizaine d’années. Le sujet est trop technique et divise trop les gouvernements européens pour espérer qu’il devienne lisible aux yeux de l’opinion. En revanche, l’Europe doit refaire parler d’elle à travers des projets, des politiques, qui parlent aux citoyens de l’Union. Airbus, Ariane ou Erasmus font aujourd’hui partie de la mémoire collective. Un espace existe pour cela : l'idée d'une Europe forte, dans le contexte de la mondialisation apparaît en effet comme un dénominateur commun de l’attachement à l’Europe. Selon l'adage « l'union fait la force », l'Europe est perçue comme devant constituer un contrepoids par rapport aux autres puissances internationales, notamment émergentes comme la Chine. C’est la meilleure garantie de pouvoir compter tant sur le plan géopolitique qu'économique. Or, trop souvent, la réalité et les évènements ébranlent quelque peu cette belle idée qui demeure une théorie voire un rêve. Ce désir d’une Europe qui pèse mondialement se heurte, dans l’esprit des Européens, à la constatation d’une Europe qui ne parvient que trop rarement à adopter une position commune. De ce point de vue, la réponse concertée à la crise financière constitue l’exemple que devrait suivre les dirigeants européens pour raviver la flamme de la construction européenne dans les opinions publiques.


Bruno JEANBART
Directeur des études politiques – OpinionWay


 

Les vrais challenges de l’Europe

 

Quels défis l’Europe doit-elle relever pour être véritablement L’EUROPE ? L’Union européenne et le Conseil de l’Europe ont chacun entrepris un grand chantier d’intégration dont l’importance est à la hauteur de l’enjeu : développer une véritable capacité de réponse européenne aux défis globaux qui vont déterminer l’avenir du monde et de l’humanité.

L’Europe de ce début du 21ème siècle est un continent prospère et au point de la modernité, engagé depuis plusieurs décennies dans un processus d’unification, qui a déjà donné d’importants résultats. Sur cet espace, soixante ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, deux grands projets sont en cours : deux chantiers de portée historique, visant à transformer les relations entre les pays du continent. D’un côté, on observe une démarche d’intégration, menée par l’Union européenne, qui comprend actuellement 27 pays. Il s’agit d’un cadre de relations très étroites, où la dimension économique est particulièrement importante. De l’autre coté, on observe un grand chantier d’élargissement, lancé par le Conseil de l’Europe, qui concerne la quasi-totalité des pays européens, dans un esprit de renforcement des valeurs et des principes communs, telles que la démocratie, l’État de droit et le respect des libertés et droits fondamentaux.

Cependant, un grand nombre de défis se présentent à nous, à l’échelle européenne et mondiale. Pensons, d’une part, aux grands dossiers ouverts depuis des années, et qui concernent la planète dans sa totalité : le changement climatique, le nouveau paradigme géostratégique, les tensions entre cultures, civilisations et religions, les guerres de nationalismes exacerbées, la lutte contre le terrorisme, la crise du capitalisme et l’instabilité des marchés financiers, les problèmes d’approvisionnement énergétique et la croissante consommation des matières premières de la part des pays émergents ainsi que des ceux de plus ancienne industrialisation et enfin les problèmes liés à la migration, qui affectent à la fois les pays riches et les moins développés.

Évoquons, d’autre part, l’Europe même, où de nombreuses préoccupations subsistent dans plusieurs pays. Le Caucase est plus que jamais à l’ordre du jour à cause de la crise russo-géorgienne et du statut de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud ; mais il ne faut pas oublier la situation d’instabilité de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan. Les Balkans ne sont pas stabilisés non plus. En Europe du sud-est, alors que le Kosovo essaie d’affirmer une identité étatique, l’Europe reste tout aussi divisée sur la question. D’autres situations problématiques semblent évoluer positivement, comme celle de Chypre, qui pourrait devenir prochainement un exemple de réunification pacifique. 

Dans le cadre de la mondialisation,  tout ce qui affecte une région du monde se répercute sur les autres, d’autant plus que l’Europe, première puissance commerciale mondiale, est liée par des échanges intensifs avec tous les continents. Mais aussi parce que les défis globaux exigent une réponse cohérente et coordonnée de la part de l’Europe, or les crises régionales mentionnées ci-dessus nuisent gravement à l’unité du continent. 

Malgré ces différences, les pays membres du Conseil de l’Europe et de l’Union européenne sont unis autour des mêmes valeurs – la démocratie, les droits de l’homme et la prééminence du droit. Ils en ont fait leur choix libre et responsable, et sont dans le même temps légalement liés par des mécanismes de suivi de leurs obligations très stricts. Nous ne pouvons pas renoncer à ces principes à cause des difficultés que le scénario global nous impose.

Certes le libéralisme économique reste le moteur de la croissance et de la prospérité, mais nous devons être vigilants pour que les lois du marché restent toujours compatibles avec les droits de l’homme, sociaux et civiques. L’excès de spéculation financière aux États-Unis, et sa régulation inappropriée, ont démenti toutes les théories de croissance à l’infini, fruit du marché ouvert et total. La fin de l’histoire et l’homme nouveau de Francis Fukuyama, c'est-à-dire la victoire définitive du capitalisme, reste une théorie. L’effondrement de ces idées a été absolu ; il suffit de voir les banquiers et les libéraux radicaux implorer l’intervention de l’État pour les sauver de la catastrophe qu’ils ont eux-mêmes engendrée par leur irresponsabilité.

Nous devons être tout aussi vigilants lorsque des préoccupations d’ordre sécuritaire peuvent aller à l’encontre de droits fondamentaux de la personne. Il se peut qu’une soi-disant « sécurité » provoque de graves tensions dans la société et engendre, au contraire, une plus grande insécurité. Le débat en cours sur l’immigration en Europe et les mesures proposées par certains pays en matière de sécurité soulèvent de sérieuses questions. Sommes-nous vraiment prêts à appliquer les mêmes poids et mesures à tous ?

La réponse à ces défis réside dans l’unité du continent. Je ne parle pas d’intégrer davantage l’administration ou la législation des pays européens. Les efforts faits dans ce sens par l’Union européenne sont admirables et les résultats sont évidents. Je me réfère à la nécessité de trouver une unité face aux thèmes généraux, à l’indication des priorités essentielles, de l’identité même de l’Europe et de sa position – unifiée – face aux autres continents.

Je voudrais, en tout cas, exprimer mon optimisme en tant qu’historien aussi bien qu’en tant qu’homme politique. Ma vision de l’Europe est très influencée par la séquence historique, et c’est pour cette raison que je suis optimiste. Le passé européen est une succession de guerres et de conflits, de tragédies et de misères, d’oppressions sans fin, de luttes fratricides, de destructions et de mort. Mais ce n’est pas là toute l’histoire de l’Europe, c’est la face la pire de son histoire. L’autre face est celle qui nous intéresse : l’histoire d’une Europe capable de hisser l’étendard de la liberté, de l’émancipation, des droits de l’homme, de la démocratie et du progrès. Et tout cela, c’est bien l’Europe qui l’a engendré.

Nous devons être critiques par rapport à notre passé, mais nous devons aussi revendiquer l’Europe qui fut à l’origine de l’Humanisme, de la Renaissance, des Lumières, du libéralisme, du socialisme démocratique, de la libre pensée, de l’humanisme religieux et de l’humanisme laïc, de la démocratie, du suffrage universel, de la séparation des pouvoirs, du pluralisme politique, de l’État providence et de la Convention européenne des droits de l'homme. C’est pour cela que je refuse nettement l’idée, proposée par certains auteurs, d’un déclin irréversible de l’Europe.

L’Europe est une accumulation de cultures, une authentique mosaïque d’unités et de diversités, dont la première image est la variété : de langues, de cultures, de coutumes, de paysages, de climats, de populations, de ressources naturelles et de traditions. Mais les éléments communs sont tout aussi nombreux : la convergence économique suit son pas, les nouvelles technologies se propagent, les sociétés s’ouvrent de plus en plus, les modes de vie se rapprochent, les fondements juridiques, les libertés individuelles, les valeurs éthiques et morales se retrouvent d’un pays à l’autre, un système démocratique et des institutions communes sont les fondements de l’ensemble des pays d’Europe. Tout ceci constitue une identité européenne en termes de culture et de civilisation.

Le message que j’essaie de transmettre, et je le ferai une fois encore ici, c’est un appel à l’unité que j’adresse aux citoyens et aux institutions des pays européens. Il faut donner un nouvel élan à l’unification de l’Europe, pour sauvegarder et renforcer le rôle de notre continent sur la scène mondiale.   ▬

 

Lluís Maria DE PUIG
Ancien Président de l'Assemblée de l'Union d'Europe occidentale
Président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe
 

 

top Haut de page

CEPS-Centre d'Etude et de Prospective Stratégique | Contact | Plan du site | Mentions légales | Webmaster | Agence web : Alteo Paris